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© photographies : Stéphane Falcone

La Chute de la Muraille de Chine

Après dix, vingt ou quarante ans, des hommes, des femmes, des familles se retrouvent dans ces cités surgies sans histoire et sans passé.

A eux de se débrouiller pour créer une vie sociale et commune dans une de ces constructions posées côte à côte pour former des ensembles qu'un poète de l'administration a un jour baptisé ZUP, ZAC, ZEP.

Et puis, voilà, le progrès ma chère, les uns inaugurent, sonnez trompettes, et les autres abattent, résonnez tambours. Allez donc voir ailleurs, on rase, on a changé d'avis, c'était une erreur.

Et comme des gamins qui ne veulent pas que cela se sache, on déchire, on casse, on efface.

Mais le souvenir ne s'efface pas comme un bâtiment.

- Oh ! regarde… c'était la fenêtre de ma chambre !

Tiens, il y a même des fleurs. Ca alors, il y avait donc des vrais gens, avec des vrais coeurs qui habitaient là. Ils ont été relogés, bien sûr. Ailleurs. Dans plusieurs ailleurs.

Bruno Clémentin